Plus de femmes aux commandes : un levier de performance pour les entreprises

J’ai eu le plaisir d’assister jeudi 10 avril 2008 à une restitution de l’étude réservée aux anciennes ESCP-EAP. Il faut dire que cette conférence organisée par le groupe professionnel Grandes Ecoles au Féminin était particulièrement intéressante !

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Les échanges issus de cette présentation ont également été très riches, et ce que j’en retiens, c’est que :

  • à partir de 3 femmes en comité de direction, la performance change
  • les femmes sont plus modestes, elles manquent de mentor, de coach
  • une femme est jugée sur ses performances actuelles à occuper un poste alors qu’un homme est jugé sur son potentiel d’évolution
  • le comportement des hommes en entreprise change quand leurs propres filles arrivent sur le marché du travail (!)
  • les projets d’intégration des femmes doivent être soutenus très haut dans la hiérarchie
  • il ne faut pas culpabiliser les managers mais s’en faire de précieux alliés
  • en France il faut gagner le SMIC+30% pour s’en sortir quand on est une femme qu’on travaille et qu’on a des enfants…
  • il faut saisir l’annonce de la maternité positivement, il y a 5 mois pour préparer 3 mois d’absence et il ne faut pas oublier de préparer le retour avant de partir
  • ne pas oublier les femmes de plus de 40 ans qui ont encore 20 ans de carrières devant elles et qui ont plus de temps car leurs enfants sont grands

Voilà résumé en quelques lignes quelques pensées à méditer, qu’on soit homme ou femme !!!

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Vous pouvez découvrir et télécharger l’étude de McKinsey&Company, “Women matter : la mixité, levier de performance de l’entreprise”.

Pour aller plus loin dans ce domaine, voici une étude menée par l’INSEE et Grandes Ecoles au Féminin (GEF) en février 2005 : “L’ambition au féminin, les parcours professionnels des anciennes et diplômées des réseaux GEF”.

Sinon vous pouvez aussi lire le résumé que je vous ai fait ci-dessous :

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Accueillies dans les locaux de McKinsey&Company avenue des Champs Elysées, Sandrine Devillard (directeur associé) nous a présenté cette étude originale qu’elle a conduite :

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WOMEN MATTER :

LA MIXITE, LEVIER DE PERFORMANCE DE L’ENTREPRISE

Le constat de départ est simple : des disparités bien connues mais auxquelles les chiffres sont trop peu associés. Voici un petit éclairage sur la situation :

  • “le taux d’emploi des femmes est inférieur de 21% à celui des hommes” alors que les femmes représentent 55% des diplômées des universités en Europe.
  • “En France, 42% seulement des salariés du secteur privé sont des femmes, contre 58% dans le secteur public et les différences de salaires [Homme/Femme] y sont plus élevées (19% contre 14% dans le public).”
  • En France toujours, les femmes ne représentent que 8% des instances de direction quand la moyenne européenne est à 11%.

Mais alors, que révèle cette étude ?

1. le modèle actuel du travail reste surtout adapté aux hommes :

  • en effet, quelques soient les pays, les femmes doivent mener une double vie professionnelle et familiale qui peut vite devenir un fardeau. Le mot est fort, mais bien réel. Les femmes consacrent en moyenne 4h29 par jour aux tâches domestiques, quand les hommes y consacrent 2h18.
  • D’autre part, la notion de disponibilité à toute heure et n’importe quel endroit doit également changer. L’entreprise doit aussi tenir compte des contraintes personnelles.
  • Pour voir les femmes s’épanouir en entreprise, il est indispensable que les institutions évoluent (garde d’enfant, etc.) mais aussi les mentalités en entreprise ( en limitant les réunions improvisées à 20h par exemple)

2. Les femmes brident leurs ambitions, à cela 3 freins et des choix de vie

  • La difficulté à se projeter dans la réussite par manque de modèles féminins qui “réussissent”.
  • Le manque d’ambition professionnelle plus forte et un appel du pouvoir moindre que chez les hommes.
  • “La décision de susprendre volontairement sa carrière est un facteur aggravant du déficit des femmes dans les fonctions de direction”. En effet, seuls 74% des femmes qui souhaitent reprendre une carrière y arrivent, et moins de la moitié à temps plein.
  • C’est un cercle vertueux qui semble ici se présenter : plus il y aura de femmes à la tête des entreprises, et mieux les femmes pourront envisager une carrière

3. Les femmes, un potentiel économique majeur

  • En l’état actuel des choses, la situation démographique fait que d’ici 2040 il y aura en Europe un déficit de 24 millions de talents en entreprise induisant une raréfaction des compétences. Une projection de cette situation prenant en compte une meilleure intégration des femmes, réduit ce déficit à 3 millions d’actifs.
  • Les femmes seraient à l’origine de 70% des décisions d’achat des foyers en Europe, y compris dans des secteurs industriels tels que l’automobile. Mieux les intégrer en entreprise permet d’intégrer aussi ces nouveaux facteurs d’influence sur la consommation.
  • “la mixité est également bénéfique pour l’image de l’entreprise et constitue un facteur de convergence entre l’entreprise, ses employés, et ses clients.”
  • Il y a une corrélation entre les entreprises dont l’organisation est bonne et la présence de femmes à leur tête. Le constat est également fait que ces entreprises sont plus performantes financièrement.
  • Sans créer de lien de causalité direct entre présence de femmes au pouvoir et performance d’entreprises, on ne peut s’empêcher de relever ces points communs. Cela traduit également une bonne politique d’entreprise sur la rétention des talents en son sein et donc une bonne performance économique.

En conclusion, l’étude invite à réinventer le modèle actuel pour ne pas négliger le potentiel représenté par les femmes dans l’entreprise.

 

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